lundi 11 juin 2007

Les canons de Westmount !

L’île de Khéros, en Grèce, eut deux gigantesques canons allemands qui défendaient le détroit de Navarone. Ce fut le sujet d’un film-culte, en 1961, avec, entre autres, David Niven, Grégory Peck et Anthony Quinn : Les canons de Navarone.
Westmount a aussi les siens – ô combien plus modestes et moins agressifs !
De l’avis des flâneurs, il est plutôt inusité de voir deux canons dans le parc public de Westmount, ville paisible à souhait, canons bien ancrés et enchaînés dans le sol, et perpétuellement pointés en direction de la rue Sherbrooke !
Sur l’île de Montréal, on trouve des dizaines de canons devenus inoffensifs mais cependant très décoratifs. La plus grande concentration de ces engins de guerre se retrouve sur l’île Sainte-Hélène.
Deux petits canons ornent encore la porte d’entrée principale de la caserne du régiment Les Fusiliers Mont-Royal, avenue des Pins. Dans le Vieux-Montréal, des tubes de canons fichés dans le sol encerclent la colonne Nelson. Enfin deux canons pointent leur gueule en direction du boulevard René-Lévesque, place du Canada, dans le centre-ville.
À la vérité, nos deux canons de Westmount n’ont jamais rien défendu dans la ville, lors de sa longue période d’autonomie, puis au moment de sa fusion, puis depuis sa reconstitution ! Ces canons ne défendent toujours rien, ne défendront jamais rien, et ne sont là que pour l’embellissement de l’agréable parc, peut-être aussi, pour rattacher le présent au passé.
La couronne murale des armoiries de la ville de Westmount ressemble à une forteresse, mais cette symbolique veut simplement rappeler que la ville est autonome et non pas une ancienne ville ceinte d’épaisses murailles, comme Québec l’est encore. Là-bas, de nombreux canons étaient prêts à toute agression ennemie ! La capitale de la Nouvelle-France en avait bien besoin. Rappelons que de 1628 à 1775, Québec a été attaquée à plusieurs reprises. Quatre fois par les Anglais et une dernière fois par les Américains
À Westmount, des générations de jeunes garçons usèrent leur fond de pantalon en escaladant nos canons. La gueule de ces deux canons est maintenant bourrée non pas de poudre noire mais d’objets hétéroclites introduits par les jeunes pour tester la profondeur des tubes…
Si ces deux canons sont authentiques, leur affût de bois – qui permet le pointage et le déplacement de la pièce à l’aide d’un attelage de chevaux – est de facture relativement récente. Malheureusement, le bois des affûts est détérioré par le temps.

Mais d’où viennent-ils ?
Ces deux canons d’acier forgé (à la fin du XVIIIe siècle, les canons étaient soit de cuivre, soit d’acier forgé) ont été fondus en 1810 et ont peut-être été utilisés lors de batailles contre les armées de Napoléon 1er !
Ces canons semblent être arrivés ici en 1815 et ont été installés dans le parc par la Westmount Lodge Sons of England dans les années 1890.
Si, à Westmount, leur utilisation ne fut jamais militaire, ils servirent au moins à rendre les honneurs en donnant des salves lors d’événements importants, notamment pour souligner les anniversaires de la reine Victoria.
Nos canons ont été officiellement décrits par la Royal Artillery Institution, à Woolwich (Angleterre). Ainsi donc, il se dit que ces pièces d’artillerie, au chargement par la gueule, utilisaient des boulets de 4 livres (environ 2 kilogrammes) et que ce type était régulièrement utilisé entre 1750 et 1860. La gueule a un diamètre de 11,5 centimètres.
En position d’utilisation sur le terrain, leur portée était de 1400 yards (environ 1275 mètres) sous un angle de 4 degrés. La bouche à feu (le tube) mesure 115 centimètres hors-tout, et la culasse possède un trou pour la mise à feu. Enfin, un dispositif à vis permet de régler l’angle de tir du canon.
Sur le tube, on retrouve deux médaillons chiffrés, surmontés de couronnes impériales anglaises, avec la devise : « Honni soit qui mal y pense ».
Ces frères jumeaux sont maintenant bien inoffensifs ! Et sans doute encore pour longtemps. Et des générations de jeunes garçons (et de jeunes filles !) les poliront encore en y usant leur pantalon (et leur robe !). Ces canons continueront d’orner les pelouses verdoyantes de notre parc de Westmount, asile de quiétude, havre de sérénité. Ils sont à voir.

Le collier de cérémonie de la mairesse de Westmount

En France, le premier officier municipal d’une commune (tout comme les députés, commissaires de police et certains officiers civils) affiche le rang de sa fonction lors d’occasions officielles en portant une écharpe tricolore (bleu, blanc et rouge), large bande d’étoffe portée obliquement de l’épaule droite à la hanche gauche ou nouée autour de la taille.
Cette coutume n’existe pas ici, au Québec. Autre pays, autres traditions.

Un peu d’histoire…
Aux temps anciens, c’étaient les chevaliers qui portaient une écharpe aux couleurs de leur dame. Depuis plus de mille ans, les autorités civiques portent un sceau officiel signe de leur autorités. Très souvent, ce sceau représentait les armes de la ville.
À l’origine, ce sceau, réalisé en or, était suspendu au cou de l’autorité. Au fil des ans, cette « décoration » est devenue un collier d’apparat.
Une tradition était née et est suivie non seulement par l’autorité civique d’une ville, mais aussi par des personnalités élues de diverses organisations.

Le collier...
Le « collier du maire » est généralement constitué de plusieurs éléments liés entre eux par des chaînettes, se terminant par un médaillon central. Ce collier est fait en or ou en argent et repose sur un collier de velours qui n’est pas seulement décoratif mais qui apporte un peu de confort au port du collier de métal lui-même.
Lors de la cérémonie de transfert des pouvoirs à un nouveau maire, le collier est symboliquement placé autour du cou du premier magistrat et sera ultérieurement porté uniquement lors de la première réunion du Conseil municipal, lors de cérémonies d’inauguration, lors d’une visite officielle lorsque ladite autorité sera en représentation. Son port symbolise donc les responsabilités, l’autorité et la dignité du porteur. Bien sûr, son utilisation est réservée à des fins cérémonielles.

Terminologie...
Bien des appellations sont utilisées en français pour désigner le collier de l’autorité municipale, parmi lesquelles :
– la chaîne du maire,
– la chaîne d’office du maire,
– le collier d’apparat du maire,
– le collier de cérémonie du maire,
– le collier d’office du maire,
– le collier du maire,
– le collier mairal (île Maurice),
et sans doute d’autres appellations,
Il semble que l’expression correcte consacrée soit « collier du maire ». L’Office de la langue française (OLF) du Québec ne s’est encore jamais penchée sur cette désignation.

Le collier de notre maire...
Le collier du maire de Westmount est fait d’un métal non noble. Sans doute en cuivre, et sans pierreries.
Sa longueur déployée est d’environ 1 mètre 20 et est constitué de 23 médaillons circulaires de 27 millimètres de diamètre dans chacun desquels est gravé le nom d’un maire depuis 1908. Chacun des médaillons est relié par une feuille d’érable (feuille dentée, non stylisée).
Le grand boîtier original noir du collier est doublé à l’intérieur de velours rouge où apparaît le nom du fabricant William Scully, de Montréal. À vrai dire, ce boîtier sort rarement du coffre-fort de la ville où il repose en toute sécurité.
Le médaillon central ne représente pas les armoiries actuelles de la ville de Westmount mais une simple feuille d’érable surmontée d’une couronne murale simplifiée à six créneaux, badge qui a été en usage à Westmount entre 1908 et 1955. Rien à voir avec les armoiries décrites en ces pages (Le / The Westmount Times Magazine, les 12 février 2003 et 1er janvier 2006) représentant les armoiries attribuées par le roi d’armes Lord Lyon, à Édimbourg (Écosse), en 1945, et enregistrées auprès de l’Autorité héraldique du Canada le 15 février 2001, publiées dans la Gazette du Canada le 24 mars 2001.
Le collier lui-même repose sur une bande de velours rouge auquel il est attaché par un fil doré difficile à voir.
D’après l’archiviste de la ville de Westmount, la plus ancienne mention trouvée dudit collier se retrouve dans un procès-verbal daté du 24 janvier 1969.
Malheureusement, la compagnie William Scully, manufacturier d’insignes de cérémonies depuis 1887, ne possède plus les archives qui pourraient nous préciser la date de fabrication ! Dommage pour l’histoire de ce collier de maire. Cependant, la présence de cette feuille d’érable, non stylisée, pourrait faire croire que ce collier est antérieur à 1945. Il pourrait même remonter à 1908 !
Quoi qu’il en soit, nous souhaitons de tout cœur voir plus souvent le maire de Westmount porter ce collier distinctif, symbole de ses responsabilités, de son autorité et de sa dignité.

Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) architece de réputation mondiale a conçu trois immeubles dans Westmount


À l’est de Westmount, près du Centre commercial Alexis Nihon, se remarquent de grands et sobres immeubles de teinte noire.
L’architecte en est Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969). Le saviez-vous ?
Cet architecte de réputation mondiale a ainsi laissé sa marque dans l’espace westmountais.
Le complexe du Westmount Square a été construit entre 1964 et 1967. À Montréal, en cette dernière année de 1967, on inaugura à la fois l’Exposition universelle (EXPO 67), le métro et l’autoroute Décarie.
Le Westmount Square – qui ne peut être appelé en français un « square » mais tout simplement un ensemble d’immeubles, « un complexe » –, a été inauguré le 13 décembre 1967.
À leurs débuts, ces édifices, genre gratte-ciel, ont suscité beaucoup de controverses.
Les caractéristiques de ceux qui nous occupent sont remarquables. Le complexe compte trois élégants édifices (le projet en comptait 4 à l’origine) : deux immeubles d’appartements et un immeubles à bureaux de vingt étages, de forme géométrique, aux lignes perpendiculaires et horizontales, d’acier et de verre, le tout rattaché à la station de métro Atwater, sur la ligne verte, par un couloir de 350 pas d’homme.
Les immeubles en question sont de grandes constructions carrées, reposant sur des colonnes visibles, comme sur des pilotis, et sont complètement vitrés assurant ainsi une grande luminosité intérieure. L’ensemble est sans doute la plus prestigieuse adresse résidentielle et professionnelle de Montréal, le « 1 Westmount Square ».
Dans deux immeubles, tous les appartements sont entièrement climatisés, possèdent des plafonds surélevés et des fenêtres panoramiques qui offrent une vue spectaculaire sur la ville ou sur la montagne ou sur le fleuve. Ce sont de véritables havres de confort, de bien-être et de quiétude.
Au rez-de-chaussée, on trouve une galerie souterraine, avec un marché de fruits et de légumes frais, un bistro, un antiquaire, des galeries d’art, des boutiques de mode, des salons de coiffure, un Centre médical, un maître joaillier, une cordonnerie, la S.A.Q., une tabagie, une banque (royale, bien sûr…), etc. Un village dans la ville.

Quelques notes biographiques…
Ludwig Mies van der Rohe est né en 1886 à Aix-La-Chapelle (Allemagne) et a fait ses classes dans un bureau d’architectes de Berlin d’où il se fit tout de suite remarquer par l’intégration de ses constructions à la vie humaine. Il s’est installé aux États-Unis en 1938 et en est devenu citoyen.
À New York, sur l’avenue du Parc, il est le concepteur, en 1958, du célèbre édifice Seagram, siège social de Joseph E. Seagram & Company Inc., l’un des plus prestigieux gratte-ciel de la « Grosse Pomme ». Cette tour de 38 étages s’élance avec sobriété d’un seul élan vers le ciel.
À Chicago, on lui doit aussi l’Édifice IBM, ainsi que les édifices de l’université de Chicago.
Sur l’Île-des-Sœurs, à la hauteur de Montréal, dans le Saint-Laurent, l’architecte a aussi conçu la station-service ESSO qui passe pratiquement inaperçue des automobilistes.
Ce géant de l’architecture, l’un des pères du « mouvement moderne », est décédé en 1969, à Chicago. Dommage que son nom soit si difficile à mémoriser…
L’influence de Ludwig Mies van der Rohe sur l’architecture du siècle dernier n’a eu d’égale que celles de Frank-Lloyd Wright et de Charles-Édouard Le Corbusier.

Les Amérindiens d'abord, les Westmountais ensuite !

Il y a 109 ans, par une belle journée de la mi-juillet, l’histoire ancienne de Westmount surgissait de ses pelouses !
On découvrit alors des tombes recouvertes de dalles au sommet de « La Petite Montagne » (maintenant le mont de l’ouest par opposition au mont réal – c’est-à-dire « royal »).
Un jardinier, James Quinn, qui creusait dans les pelouses du St. George’s Snowshoe Club découvrit trois squelettes !
Le chef de la police de l’époque, James Harrison, demanda au coroner que les restes soient envoyés pour examen et des spécialistes tirèrent la conclusion que les trois squelettes étaient ceux d’Amérindiens !
Cette découverte fut suivie d’une autre, dans le quadrilatère bordé par The Boulevard, les avenues Argyle, Montrose et Aberdeen.
Un honnête citoyen recueillit même un crâne qui servait aux jeux de quelques garnements.
Puis, un autre jardinier, au fer de bêche heureux, découvrit un squelette de six pieds dans un parterre de fleurs sur l’avenue de l’avenue Montrose, et un autre squelette sur l’avenue Aberdeen…
Ces découvertes suscitèrent un grand intérêt et lorsque d’autres squelettes furent découverts, on se décida enfin à faire des relevés techniques de la position des corps.
Les corps avaient été enterrés avec les genoux repliés sur la poitrine – ce qui n’était pas dans la tradition chrétienne. Les spécialistes conclurent donc que ces tombes étaient antérieures à l’arrivée des Blancs sur ce continent.
Les trouvailles ne s’arrêtèrent pas là.
Le 10 septembre 1898, on mit à jour une nouvelle tombe recouverte d’une pierre. Sous la dalle, un squelette d’un jeune « sauvage*», face contre terre et, encore là, les genoux repliés sur la poitrine.
Cette manière d’inhumation ne correspondait pas aux rites d’inhumation des Amérindiens d’Hochelaga (maintenant Montréal) ni même à ceux qui vivaient sur les berges du Saint-Laurent, bien avant le passage du premier Blanc connu Jacques Cartier, en 1535.
Nos tombes westmountaises étaient donc encore plus anciennes !
Enfin, une semaine plus tard, on fit une dernière découverte : le squelette d’une jeune et frêle Amérindienne reposant auprès d’os d’animaux et un collier de coquillages ! Ce fut le paroxysme des joies de la découverte !
On se rappellera que la ruelle Arlington qui débouche presque en face de l’édifice " Victoria Hall", dans le centre-ville de Westmount, près du parc de Westmount, est une ancienne section d’un chemin très ancien que les Amérindiens empruntaient pour aller jusqu’au fleuve, jusqu’au lac à la Loutre, maintenant complètement disparu.
Rappelons encore que ce qui est maintenant connu sous l’appellation de « Westmount » ne comptait vers 1898 qu’environ 8.000 habitants – alors que nous sommes actuellement 20.003 (recensement officiel de 2006).
Ces découvertes, plutôt surprenantes, révélèrent ainsi l’existence d’un site occupé par une communauté amérindienne, l’une des plus anciennes au nord du Mexique.
Les Amérindiens furent donc les premiers occupants de notre versant sud de la « Petite Montagne » alors recouvert d’épaisses forêts, protégé les vents du Nord, territoire connu par la suite sous les appellations : Village of Notre Dame de Grace, Village of Cote St. Antoine, Town of Cote St. Antoine, Town of Westmount, et… enfin City of Westmount / Ville de Westmount !

* « Sauvage » : Amérindien dans le vocabulaire des Français de la Nouvelle-France, des Canayens et des Canadiens français (Léandre Bergeron).

Guido Nincheri (1885-1973) / Italien de naissance et Westmountais de réputation

L’église Saint-Léon – qui date de 1901 – est un édifice religieux remarquable de la ville de Westmount, au 4311 du boulevard de Maisonneuve Ouest.
Sa visite est hautement recommandée. On y remarquera en effet de nombreuses œuvres d’art : des fresques, du marbre provenant de France, des mosaïques, des boiseries et des sculptures sur du noyer du Honduras, des bronzes, etc. Et un nouvel orgue, inauguré en 1992.
Depuis 1997, l’église est reconnue par le ministère du Patrimoine canadien comme «Lieu historique national ». L’ensemble est une « curiosité » architecturale.
Dans l’histoire de cette église évoquant une église conventuelle italienne, un nom d’artisan-artiste domine incontestablement tous les autres : celui de Guido Nincheri.

Un homme de la Renaissance…
Italien né en Toscane, le 29 septembre 1885, d’une famille aisée, Guido Nincheri est un artiste qui a conçu des fresques et des vitraux dans la tradition des maîtres de la Renaissance italienne.
Il est grand prix de l’Académie des beaux-arts de Florence et possédait un diplôme d’architecte.
Arrivé à Montréal en 1915, spécialiste des scènes bibliques, il a décoré de nombreuses églises d’immenses fresques, de magnifiques vitraux, d’innombrables autres œuvres d’art.
Parmi ses travaux, citons d’abord ceux réalisés pour l’église Saint-Léon de Westmount. Il a aussi travaillé dans plus d’une centaine d’églises, au Québec, en Ontario, dans les Maritimes, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Angleterre.
L’église Saint-Léon, d’une capacité de 800 personnes, est l’église francophone de Westmount. En 1928, le curé de la paroisse de Westmount, l’abbé Oscar Gauthier (curé de 1903 à 1951) fait appel à Guido Nincheri et lui confie la totalité du projet d’embellissement intérieur de son église.
Nincheri non seulement dessinera mais réalisera la plus grande partie de l’ornementation. Il dira plus tard que cette église Saint-Léon de Westmount a été l’œuvre la plus importante de sa vie.
Dans l’un des magnifiques vitraux de l’église de Westmount, l’observateur attentif – et averti ! – reconnaîtra différentes personnalités : Monseigneur Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal ; le roi Georges VI et son épouse. Aussi Louis Saint-Laurent, Premier ministre du Canada, et des paroissiens éminents tels les honorables Pierre-François Casgrain et Ernest Audet-Lapointe.
Il est à remarquer que Guido Nincheri est aussi l’auteur des fresques des plafonds du château de style beaux-arts des frères Dufresne, dans l’est de Montréal, près du Parc olympique (les peintures de femmes aux décolletés généreux avaient été badigeonnées pour ne pas offenser les yeux des étudiants qui s’y installèrent ultérieurement…) ; de l’église Notre-Dame de la Défense, dans la Petite Italie, à Montréal. L’une des fresques représentait Benito Mussolini. Pour avoir peint le Duce, Guido Nincheri fut arrêté par la Gendarmerie royale du Canada et interné durant trois mois et accusé de sympathie avec les fascistes – ce qui était loin d’être le cas.
Il est aussi l’auteur des innombrables vitraux de la cathédrale de Trois-Rivières ; des vitraux de l’église Saint-Viateur, à Outremont.
Nincheri mourut à Providence (Rhode Island), le 1er mars 1973 mais a été inhumé au cimetière de la Côte-des-Neiges, à Montréal.

Un maître…
Guido Nincheri a été un maître de la lignée des grands artistes polyvalents de la Renaissance italienne.
Son œuvre, au Canada, est considérée comme très importante, et Montréal le reconnut comme l’un des bâtisseurs de la ville. Encore maintenant, en parlant de lui, on dit : « le Michel-Ange du Canada ».
Enfin, en 1997, le Canada émit un timbre de 45 cents représentant l’un de ses vitraux de la cathédrale de Vancouver.

Les transports en commun de Westmount


Le retour des tramways est-il pour demain ? La ville de Montréal se penche sérieusement sur la question.
Le retour des tramways est à la mode : ils désengorgent la circulation de nos artères et sont un moyen de transport très écologique.

Westmount
Dès la fin du XIXe siècle, les artères de Westmount sont sillonnées par des moyens de transport en commun.
À ses débuts, notre municipalité possédait une fort petite population (1000 habitants en 1885) et était considérée comme loin du centre-ville de Montréal.
Westmount a été la première municipalité à être desservie par les transports en commun en dehors de Montréal.
Dès 1872, un circuit de tramway à traction animale qui partait de Montréal atteignait l’intersection des rues Sherbrooke et Greene. Plus loin, c’était la vaste campagne et ses vergers !
Rappelons que la rue Sainte-Catherine a été prolongée vers l’Ouest en 1887, et la rue Sherbrooke en 1891.
Puis, le circuit fut prolongé jusqu’à la rue Victoria.
La municipalité a bénéficié du service ferroviaire dès 1885, lorsque le Canadian Pacific Railway (C.P.R.) a construit sa ligne de chemin de fer transcontinental. Avant cette date, les résidents de la municipalité devaient marcher jusqu’à la gare de la compagnie Grand Trunk de Saint-Henri, pour aller prendre soit le tramway à chevaux soit le train. Et en soirée, fort souvent, le retour se faisait par des voitures à chevaux…
Sur le territoire de Westmount, le transport en commun par tramway présentait un problème particulier car le terrain était plutôt accidenté et tous les tramways ne pouvaient s’aventurer sur les pentes du « mont de l’Ouest » ! Seuls, les tramways munis d’un moteur puissant pouvaient prétendre fréquenter ce circuit.
Sur la rue Sherbrooke, les trams disparurent vers 1956.
Le tout premier service d’autobus vit le jour le 19 août 1925, écrit l’ingénieur-historien Jacques Pharand.
Les anciennes lignes de tramway dessinent encore sous les chaussées goudronnées une sorte de toile d’araignée de rails d’acier rouillés solidement accrochés à des dormants de bois.
Actuellement, lorsque des travailleurs ont des activités sur les artères de Westmount, ils découvrent avec étonnement (et nostalgie) ce réseau qui vibra au passage des « P’tits chars » (les « Gros chars » étant les trains). Une voiture de tramway pouvait alors peser jusqu’à 42 000 kilos !
Actuellement, la ville est desservie par une seule station de métro : Atwater (ligne orange (Montmorency/Côte-Vertu), inaugurée en 1966, mais les stations Lionel-Groulx et Vendôme sont à quelques pas des limites de la municipalité.


Westmount a été desservie par la traction animale (par voitures à roues, l’été ; par voitures sur patins, l’hiver), aussi par les tramways à traction électrique. Et maintenant par le train, les autobus – énergivores et polluants – et le métro.
Actuellement la ville de Westmount est sillonnée par de nombreuses lignes de bus : 24 – Sherbrooke ; 37 – Jolicœur ; 63 – Girouard ; 66 – The Boulevard ; 90 – Saint-Jacques ; 104 – Cavendish ; 124 – Victoria ; 138 – Notre-Dame-de-Grâce ; et le service de nuit : la ligne 356 – Sainte-Anne-de-Bellevue.
Vendôme est une station intermodale et assure la correspondance du métro avec le train (Montréal/Dorion et Rigaud ; Montréal/Blainville et Saint-Jérôme ; Montréal/Delson et Candiac) et les autobus.
Peut-être, un jour, reviendrons-nous à l’usage des tramways électriques de jadis, entourés d’une forêt de pylônes et de fils aériens qui alimentent ces voitures.
Nombreuses sont les grandes villes européennes qui retournent graduellement à ce mode de transport.

jeudi 24 mai 2007

Biographie de René le Clère


René le Clère est né en France en 1940.
Au Québec depuis 1963, il a passé quatre décennies de sa vie active à servir différentes cultures. Il a participé à l'organisation de nombreux événements culturels, a publié des centaines et des centaines d'articles sur des sujets très divers, notamment sur la République de Haïti, sur le Viêt-Nam.
Certains de ses articles ont été traduits en anglais, vietnamien, hongrois, portugais, et autres langues.
Les article du présent blogue sont consacrés uniquement à la ville de Westmount (Québec, Canada).
René le Clère a été conseiller de nombreuses associations culturelles et sociales tant au Canada, en France qu'aux États-Unis. ll a notamment été secrétaire général de la Société des écrivains canadiens ; secrétaire général du Centre québécois du PEN International ; professeur de langue et de culture fançaises à l'Université diplomatique du Viêt-Nam, à Hanoï ; conseiller linguistique au quotidien Le Courrier du Viêt-Nam, à Hanoï ; conseiller spécial auprès du président de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, à Montréal.
Les gouvernements du Canada et de la France ont reconnu son travail inlassable.
Le Canada lui a attribué la Médaille commémorative du Jubilé de Sa Majesté Élisabeth II ; la Médaille canadienne du maintien de la paix ; ainsi que des Armoiries familiales héréditaires officielles.
La France lui a décerné divers médailles dont la médaille de reconnaissance de la Nation.
Pour services rendus, René le Clère a été élevé au rang de marquis impérial Nguyên-Phuc Minh Quang par le Prince-Régent de la dynastie impériale des Nguyên du Viêt-Nam.